#4 Que veux-tu faire dans la vie ?

Article proposé par Claire Gadroit, Entrepreneure & Fondatrice du Rezo des Fondus. Animatrice d’un séminaire en soft skills inédit à destination des professionnels et entrepreneurs, prochainement lancé en Haute-Savoie : « Être entrepreneur de sa vie ».


« Quand j’étais petit, ma mère m’a dit que le bonheur était la clé de la vie. Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J’ai répondu heureux. Ils m’ont dis que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie ». John Lennon

Souvent, quand on ne parvient pas à répondre à une question c’est que la question n’est pas la bonne.

La question à se poser est : « qui veux-tu être dans la vie ? ». Le jour où tu sais qui tu es, quelles sont tes valeurs, quels sont tes talents, tes éléments clés, et ce que tu as le goût de vivre, tu sais naturellement ce que tu as envie de faire. On prend le problème à l’envers : il ne s’agit pas de partir du faire, mais de l’être. Quand on sait pleinement qui on est, on est prêt à accomplir sa mission. En général, cette mission va s’incarner dans un projet quel qu’il soit, une carrière, ou une entreprise.

Faire un choix, par dépit

Lorsque j’ai eu quinze ans, il m’a fallu choisir comme tous les étudiants de mon âge entre la filière littéraire, économique ou scientifique. J’avais des facilités en français et dans les langues étrangères. J’ai été fortement aiguillée par mes professeurs de l’époque pour rejoindre la filière littéraire. Voici comment l’erreur débute : au lieu de regarder l’individu dans sa globalité, les professeurs se concentrent sur les matières scolaires dans lesquelles l’élève a le plus d’aptitudes.

Je me retrouve ainsi en seconde littéraire, malgré moi. Bien sûr que j’aime le français, les langues étrangères. Mais pas seulement. Si je m’étais intéressée à ce moment-là à celle que je suis réellement, j’aurais compris que je n’étais pas à ma place. Et c’est ce que j’ai fini par faire. Changer de filière et intégrer une première ES économique et social. Ça m’a valu de devoir rattraper un an d’économie que je n’avais pas acquise, mais ça m’a remise sur le droit chemin. J’étais passionnée par l’économie, par la compréhension du monde micro et macroéconomique.

Se concentrer sur ses points forts

J’ai obtenu le bac avec mention, révisé en quatre jours à peine. Parce qu’alors déjà, je m’étais focalisée sur mes points forts, plutôt que de tenter d’améliorer mes points faibles. Je n’avais donc révisé que les matières dans lesquelles j’excellais, laissant totalement de côté les maths par exemple. Cette mention est un outrage pour celles et ceux qui avaient passé des mois à faire des fiches pratiques de révision et qui m’ont vu « bachoter », convaincus d’un échec.

Me voici face à mon avenir professionnel. Je choisis alors de rejoindre l’université pour une licence en langues étrangères appliquées au commerce international. Pourquoi ? Parce qu’il fallait bien choisir quelque chose, et j’avais un don pour les langues. C’est pour moi tellement facile, que je n’ai quasiment pas besoin d’aller en cours et j’obtiens ma licence avec mention. Je n’ai aucune envie d’être traductrice-interprète, car les langues sont alors pour moi un outil, en aucun cas une finalité.

Découvrir pour choisir

Par chance, durant mon cursus, il me faut faire des stages. Je me retrouve chez Jean Lain automobiles pour la marque Volkswagen utilitaires, et mon maître de stage Éric Boiron me donne totale liberté. Avec lui, je commence à pratiquer sans m’en rendre compte le marketing et la communication.

Il me laisse conduire les véhicules, travailler sur les lancements de véhicules, éditer des plaquettes commerciales, organiser de petits événements. Voici comment je me rends compte à l’âge de 20 ans que je ne suis pas à ma place en filière linguistique. Et que je ne deviendrai pas interprète ou traductrice, juste parce que je parle couramment les langues étrangères.

Voici ici la démonstration de l’importance des expériences en entreprise, du fait de pouvoir découvrir des métiers de façon concrète. Passer des bancs du lycée aux bancs de l’université a peu de sens si le jeune n’a aucune idée du monde de l’entreprise et de ce qu’il aimerait « faire ».

Pivoter pour se réajuster

Je décide alors de changer de cursus, j’intègre une école supérieure de commerce, spécialisation marketing et communication. Me voici enfin à ma place. J’obtiens mon Master en 2006. À la sortie de l’école, déjà, au lieu de devenir salariée en entreprise, je crée ma propre entreprise, car convaincue que mon besoin de liberté et mon incapacité à être sous autorité étaient incompatibles avec le salariat.

Je crée Café Tartines, un café-restaurant à la Clusaz, dans les Alpes françaises. Un lieu de vie, une communauté, un état d’esprit fédérateur et inclusif, qui présageait de mon talent à connecter et créer de la magie en réunissant des individus !

En 2010, je retourne au salariat, avec une posture très entrepreneuriale toutefois en tant que DG chez Rezonance, réseau professionnel suisse romand.

Intrapreneuriat et connaissance de soi

Mon ex-patronne souhaite connaitre ses collaborateurs, et qu’ils se connaissent aux-même en profondeur. Pour leur permette de déployer leur plein potentiel, et de les savoir à la bonne place dans l’entreprise. Elle utilise pour ce faire deux outils, notamment le test des talents et la mission de vie, qu’elle a utilisé en étant animatrice du Club des chefs d’entreprise du Québec.

Incarner sa mission de vie

En 2015, à la sortie de l’atelier « quelle est ta mission », j’écris noir sur blanc ce qui en est ressorti :

«Inspirer les entrepreneurs de leur vie dans leur cheminement vers leur créativité par mon éclairage et ma hauteur de vue grâce à ma détermination et à ma liberté, afin qu’ils réalisent leur rêve ».

Cinq ans plus tard, en voyant l’impact psychologique de cette crise sur les êtres, je décide de lancer un séminaire pour inculquer aux professionnels les fondamentaux du savoir-être essentiels à ce monde en mutation permanente. Et d’écrire le guide qui l’accompagne.

Sans réfléchir, je choisis comme titre « Être entrepreneur de sa vie ». Sans explication, avec fulgurance. J’ai réalisé ensuite en relisant ma mission, un peu par hasard, que j’étais au bon endroit. Que j’incarnais ma mission.

Créer le Rezo des Fondus a été un premier pas, celui de concevoir un dispositif unique permettant de guider les professionnels sur le chemin de la connaissance de soi et de l’ouverture d’esprit. Grâce à des événements pensés pour apprendre, progresser, s’entraider et pratiquer ces outils régulièrement.

Ce guide, et le séminaire corolaire, sont les étapes d’après, pour celles et ceux qui en ont le goût. Une plongée plus profonde, plus intense et définitivement nécessaire en ces temps d’incertitude, obligeant à l’agilité, à la résilience et à de multiples savoir-être, que l’on n’apprend pas à l’école !

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